Séquence ERC
Éviter-Réduire-Compenser — méthodologie nationale L.163-1

La séquence ERC n'est pas une loi autonome mais une méthodologie transversale convoquée par chaque procédure d'autorisation : étude d'impact, dérogation espèces protégées, loi sur l'eau, Natura 2000, défrichement. Le principe est hiérarchique : d'abord éviter les impacts par la conception, puis réduire ce qui ne peut être évité, et seulement compenser l'impact résiduel. La loi 2016-1087 pour la reconquête de la biodiversité a durci les exigences d'équivalence écologique, d'additionnalité et de pérennité.

La séquence

Trois étapes hiérarchisées, pas un catalogue à la carte.

La hiérarchie ERC est un ordre obligatoire, pas un menu. L'autorité environnementale et le CNPN examinent si l'évitement a été cherché avant de valider la compensation. Sauter l'étape 1 pour aller directement à l'étape 3 conduit systématiquement au rejet du dossier.

É

Éviter

Supprimer l'impact à la source : choix d'implantation, variantes d'emprise, décalage de phasage, abandon d'options incompatibles. C'est l'étape la plus puissante — et la plus négligée. Elle exige d'étudier de vraies variantes, pas de citer formellement l'option retenue comme seule possible.

Exemple : décalage d'une voirie pour épargner une mare à amphibiens.

R

Réduire

Minimiser l'impact résiduel une fois l'évitement épuisé : balisage d'emprise, travaux hors période sensible (reproduction, nidification), techniques alternatives, sauvegarde d'individus avant travaux. Exige une conception chantier adaptée et un écologue en phase travaux.

Exemple : travaux de terrassement hors période de reproduction des amphibiens.

C

Compenser

Créer ou restaurer, sur un autre site, des habitats équivalents à ceux qui ont été détruits après épuisement de l'évitement et de la réduction. Dernier recours, strictement encadré : équivalence écologique, additionnalité, pérennité trentenaire, sécurisation foncière par Obligation Réelle Environnementale (ORE).

Exemple : création d'une prairie humide de 2 ha pour compenser 1 ha détruit.

Les trois critères opposables

Équivalence, additionnalité, pérennité.

La loi 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité a codifié trois critères qui conditionnent la recevabilité des mesures compensatoires :

  • Équivalence écologique — les mesures doivent rétablir un niveau de biodiversité et de fonctionnalité écologique équivalent à ce qui a été détruit. Dimensions évaluées : habitats, espèces cibles, surface, fonctions écologiques (reproduction, alimentation, corridor, zones humides). Le guide méthodologique MTES 2017 (« Évaluer l'équivalence écologique ») propose des indicateurs mobilisables.
  • Additionnalité — les mesures compensatoires doivent aller au-delà des obligations légales préexistantes. Un plan de gestion Natura 2000 déjà en vigueur ne peut pas servir de compensation : il est déjà obligatoire. La compensation doit créer une valeur écologique supplémentaire attribuable au projet impactant.
  • Pérennité — les mesures doivent être maintenues au minimum 30 ans. Cela implique une sécurisation foncière (acquisition ou Obligation Réelle Environnementale créée par la loi 2016-1087), un plan de gestion écrit, un opérateur désigné, un suivi documenté, un reporting DREAL.

Les ratios compensatoires ne sont pas uniformes : ils dépendent de la sensibilité de l'habitat détruit, de la difficulté de restauration, et du bassin biogéographique. Typiquement de 1:1 pour des habitats banals à 1:5 ou plus pour des habitats patrimoniaux (prairies humides, pelouses sèches, zones humides).

Repères ERC

Les fondamentaux.

L.163-1

Article de référence

Code de l'environnement

2016-1087

Loi biodiversité

Codifie équivalence / additionnalité / pérennité

30 ans

Pérennité minimum

Article L.163-1

Guide MTES 2017

Méthode équivalence

Référentiel national opposable

FAQ séquence ERC

Questions fréquentes.

Non. La hiérarchie ERC est opposable : l'autorité environnementale examine si l'évitement a été cherché avant de valider la compensation. Sauter les deux premières étapes conduit systématiquement au rejet. Un dossier compensation lourde peut être refusé au motif qu'une variante d'évitement n'a pas été étudiée — même si la compensation proposée est surdimensionnée.
Plusieurs instances selon la procédure : la MRAe (évaluation environnementale), le CNPN ou CSRPN (dérogation espèces protégées L.411-2), la DDT (loi sur l'eau, défrichement), la DREAL (Natura 2000). Les critères sont alignés sur le guide MTES 2017 pour l'équivalence, la loi 2016-1087 pour l'additionnalité et la pérennité. Un projet bien instruit sécurise ses mesures ERC à l'échelle de l'ensemble des procédures.
Très variable selon la nature et la surface des habitats détruits : foncier de compensation (acquisition ou ORE), travaux de restauration ou de création, gestion trentenaire, suivi écologique. Ordres de grandeur : quelques centaines d'euros à quelques milliers d'euros par hectare par an sur 30 ans, auxquels s'ajoute le foncier. Pour un grand projet d'infrastructure, la compensation peut représenter plusieurs millions d'euros. À budgéter dès l'étude de faisabilité.
Des sites de compensation pré-constitués par des opérateurs agréés (CDC Biodiversité, CEN régionaux, etc.) sur lesquels les maîtres d'ouvrage peuvent acquérir des « unités de compensation » pour satisfaire leurs obligations. Prévus par l'article L.163-3 du Code de l'environnement. Simplifie la mise en œuvre pour les MOA, mais les SNC doivent être cohérents avec le contexte biogéographique du projet — un SNC en plaine ne compense pas un impact en zone méditerranéenne.
Un plan de gestion écrit fixe les objectifs écologiques (retour d'espèces cibles, évolution d'habitats, fonctionnalités), les indicateurs de suivi (protocoles, périodicité), et l'opérateur chargé du suivi (gestionnaire du site, CEN, association). Des rapports périodiques (annuels ou pluriannuels) sont transmis à la DREAL. En cas d'échec d'atteinte des objectifs, des mesures correctives sont mises en œuvre aux frais du MOA qui reste responsable sur la durée.

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